Vie étudiante

L’alcool et le tabac chez les jeunes

Le cercle vicieux de l’addiction ⚠️

« Je suis jeune et en bonne santé, je ne crains rien ! Et puis, je saurai m’arrêter quand il le faudra… » Ces phrases, on les entend couramment quand on parle de drogues et leurs auteurs sont généralement de bonne foi, intimement convaincus de ce qu’ils disent. Mais la réalité est loin d’être aussi simple.

William Lowenstein, médecin spécialiste des addictions, détaille les trois paliers successifs liés à la consommation de drogues ou d’alcool :

  1. l’usage
  2. l’abus
  3. la dépendance

L’usage correspond à la phase où l’on consomme des substances en les appréciant sans qu’il y ait d’effet nocif : la relation à l’autre est facilitée, on dort mieux, on est plus optimiste. Et le lendemain, on ne ressent ni angoisse, ni gueule de bois, ni déprime.

En revanche, on parle d’abus lorsque ces effets sont présents mais que l’on consomme tout de même : on sait que l’on prend un risque, mais on le fait malgré tout.

Quant à la dépendance, elle survient « quand on perd le contrôle de sa consommation, quand vouloir n’est plus pouvoir, et quand le savoir n’est plus un pouvoir », explique le docteur Lowenstein. Autrement dit, quand on veut mais qu’on ne peut pas s’arrêter, malgré le fait d’être conscient que ce n’est pas bon pour la santé.

Mais, il faut le savoir : nous sommes inégaux devant le phénomène d’addiction. Si la génétique entre ici en ligne de compte, nous avons également des périodes de plus ou moins grande vulnérabilité, en fonction des événements de la vie, mais aussi du stress.

Par ailleurs, « la puberté constitue une période particulièrement fragile, prévient le docteur Lowenstein, où le risque de devenir dépendant est beaucoup plus grand, en raison notamment du dynamisme des cellules cérébrales : si l’on place une petite bombe dans un train à grande vitesse, on a plus de risques de tout faire dérailler ! ».

Pour mieux comprendre ces phénomènes et l’action des psychotropes sur son propre organisme, il est ainsi important de se poser sans mentir des questions concrètes : que recherche-t-on en consommant telle ou telle substance ? Qu’a-t-on vraiment apprécié ? Et surtout, qu’a-t-on ressenti quelques heures après ou le lendemain ?

 

 

 

« Quand on boit, on est plus joyeux ! » 🍺

Boire des boissons alcoolisées est donc devenu pour la plupart des étudiants comme un acte social. « Prendre un verre ou deux, c’est normal, explique Pierre, étudiant à la Sorbonne ». Elle fait partie des traditions et de leur mode de vie. Mais la question reste à savoir : pourquoi boit-on ? Les deux principales motivations sont le plaisir et l’amusement. « Quand on boit, on est plus joyeux, raconte Pierre. On oublie un peu notre timidité et on se lâche. On va parler plus facilement aux autres et faire des choses que l’on n’oserait pas faire sans alcool.  ». Ainsi, pour beaucoup de jeunes, pas de fête sans alcool…

Les BDE poussent les étudiants à consommer en proposant des prix bas

Une pratique fortement incitée et encouragée par les BDE des grandes écoles. «  A l’ESIP, raconte Loïc, ancien étudiants de l’école d’ingénieur de Poitiers, on avait pour habitude de se faire un petit apéro entre amis avant d’aller aux soirées, histoire de nous chauffer. Après sur place, le verre coûtait 1 € ou sinon c’était open bar. Malheureusement, l’alcool était de mauvaise qualité. Ce n’était vraiment pas bon. Mais on savait qu’on buvait pour se défoncer, pas pour le goût. »

 

 

Les chiffres clés  🎲

En moyenne, les jeunes consomment leurs premiers verres d’alcool à l’âge de 15 ans. La boisson de prédilection des 18-27 ans est sans conteste la bière, suivie de l’alcool fort (Vodka, Whisky, etc.). Les soirées sont presque toujours synonymes d’excès : les jeunes admettent boire, pour la plupart, pendant la fête (51%) mais pour d’autres, il est habituel de rejoindre le gros du groupe en ayant déjà bu (22%) . Ce phénomène de « before » est tout particulièrement prisé des étudiants qui sortent en boîte ou dans des bars et qui veulent être dans un état second sans dépenser trop d’argent.

Si le stress est la première raison pour laquelle les étudiants consomment de l’alcool, beaucoup le font également pour être plus à l’aise socialement, et un bon nombre juste pour ressentir le plaisir de l’ivresse. Moins nombreux mais tout aussi préoccupant : 7% des jeunes déclarent boire « par habitude » à moins de 30 ans !

Pourtant, l’excès d’alcool est loin de donner envie : 57% des étudiants qui boivent parlent de nausées, vomissements et maux de tête, 31% parlent de trous noirs et d’absences, 24% évoquent un sentiment de tristesse. Plus rare mais existant : l’alcool augmenterait l’agressivité chez 9% des jeunes et aurait déjà conduit 3% d’entre eux jusqu’au coma éthylique.

 

 

   

Tabac, médicaments et autres drogues  🚬

Plus addictives, les drogues illégales concernent 1 étudiant sur 3. Parmi elles, c’est- de loin- le cannabis qui attire le plus les jeunes. La cocaïne, les amphétamines et l’héroïne concernent moins de 5% de la population étudiante. 20% des personnes interrogées estiment d’ailleurs que le cannabis est plus dangereux que l’alcool.

Pour ce qui est du tabac, c’est l’évolution la plus significative : la consommation de tabac est en nette baisse chez les jeunes de 17 ans. Seul un quart d’entre eux fume quotidiennement en 2017, contre près d’un tiers en 2014, soit une baisse de 7 points en trois ans. Depuis 2014, la proportion de jeunes ayant déjà essayé le tabac chute de près de 10 points, passant de 68,4 % à 59 %.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution de la consommation. L’image du tabac est devenue négative auprès des adolescents. Parmi les motifs invoqués : le prix, jugé « excessif », ou le caractère « chimique » et « dangereux ». La cigarette est, dans cette génération, souvent désavouée dès les premières expérimentations. 

Les adolescents nés en 2000, ont par ailleurs toujours connu l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs (depuis 2009), ainsi que celle de fumer dans les lieux publics, bars et restaurants (2007 et 2008). Des mesures qui ont contribué à dénormaliser la cigarette à leurs yeux.

 

 

 

 

 

 

Réalité et perception de la consommation 👁

Malgré les campagnes de sensibilisation, la consommation de drogues, d’alcool et de tabac demeure à un niveau relativement élevé chez les jeunes Français, comme le montrent les chiffres de l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES).

En 2017, 88 % des jeunes de 16 ans ont déjà consommé de l’alcool dans leur vie. Un chiffre d’autant plus inquiétant que cette consommation est régulière pour 13 % des jeunes et que près d’un sur deux dit avoir déjà été ivre.

Côté tabac, 80 % des Français de 17-18 ans ont fumé au moins une fois dans leur vie et 46 % ont fumé au cours du dernier mois.

Enfin, le cannabis est lui aussi très répandu chez les jeunes : 50 % des adolescents de 17 ans l’ont expérimenté au moins une fois. De plus, 15 % des garçons et 6 % des filles consomment du cannabis au moins dix fois par mois.

De telles habitudes comportent évidemment des risques, d’abord pour la santé : troubles respiratoires, élévation de la probabilité d’avoir un cancer du poumon, des problèmes cardiovasculaires, etc.

Mais les effets peuvent aussi être immédiats. En particulier, trop boire d’alcool peut entraîner un coma éthylique, une perte de connaissance loin d’être anodine puisqu’elle peut conduire à la mort si l’individu n’est pas pris en charge à temps.

D’autre part, conduire en ayant consommé de la drogue ou de l’alcool est particulièrement dangereux dans la mesure où cela diminue la vigilance, altère les réflexes et augmente la gravité des accidents. À lui seul, l’alcool entraîne 1 000 décès par an et est aujourd’hui la première cause de mortalité sur les routes.

 

 

N’oubliez pas : la modération a bien meilleur goût ! 😋

 

 

 

 

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